• Les ONG recommandent des vêtements en fibres naturelles bio, produits en Europe, pour un impact moindre.
• Le problème principal reste la surproduction textile, et une proposition de loi pour réguler le secteur est en attente.
Ce résumé, suggéré par une intelligence artificielle à partir de l'article du journaliste, a été réécrit et édité par la rédaction. En savoir plus sur le recours à l'IA au HuffPost.
Sandro plutôt que H&M ? Chloé plutôt que Primark, Shein ou Kiabi ? Comptoir des Cotonniers et Caroll en lieu et place de Temu et AliExpress ? Pour les soldes – qui ont débuté mercredi 7 janvier dans la plupart des départements – vous comptez peut-être privilégier des vêtements milieu ou haut de gamme à la fast fashion pour privilégier une démarche écologiste et de défense des droits humains. Mais cela fait-il vraiment la différence ?
Les représentants d’ONG interrogés par Le HuffPost sont plutôt sceptiques. Principal biais, le marketing. « Il ne faut pas partir du principe que si une marque s’est construit une image de qualité, cela va se traduire nécessairement d’un point de vue environnemental », souligne Manon Richert, porte-parole de Zero Waste France. « La qualité n’est d’ailleurs parfois pas la hauteur du prix. »
Outre ce « greenwashing », « certaines marques de luxe ont été épinglées pour l’exploitation de travailleurs », complète Laura Chiron, cheffe de projet à France Nature environnement.
Examiner les étiquettes
Pour faire vraiment la différence, les associations de protection de l’environnement recommandent de bien examiner les étiquettes. Elles conseillent de privilégier des vêtements produits en fibres naturelles bio et assemblés en Europe, où les ouvriers textiles bénéficient d’une meilleure protection de leurs droits qu’en Asie, notamment. « Quand on produit en Europe avec des matières plus nobles que le polyester, l’impact social et environnemental est bien moindre », résume Pierre Condamine, chargé de campagne aux Amis de la Terre.
Ces vêtements sont généralement produits par des marques plus petites. « Les pièces seront plus chères à l’achat, mais plus durables. C’est un peu comme un investissement, là où la fast-fashion joue sur la très mauvaise qualité pour proposer des prix bas », note Laura Chiron.
Plusieurs labels traduisent un engagement environnemental de la part des enseignes, à l’image des certifications Gots (certification internationale) ou B Corp (attribué par B Lab, un organisme à but non lucratif). Si Zadig & Voltaire ou Samsøe sont titulaires du premier et Ba&sh, Le Slip français ou Patagonia du second, ces labels restent rares pour de grandes marques.
« Pas la solution »
Quelle que soit la marque, le problème principal reste l’impact élevé du textile en général sur l’environnement. « Aujourd’hui, on est de 100 à 120 milliards de nouveaux vêtements produits chaque année, ce qui représente 2 à 10 % des émissions globales de gaz à effet de serre, selon les estimations », se désole Pierre Condamine.
Avec de nouvelles collections plusieurs fois par mois ou chaque jour, ainsi que des produits importés par avion, les marques de fast et d’ultra fast-fashion « ont un impact accru », mais « le luxe ou le haut de gamme ne sont pas une solution », poursuit Laura Chiron.
Pour limiter la surproduction et réguler le secteur, les principales ONG environnementales françaises, réunies au sein du collectif Stop fast-fashion, fondent beaucoup d’espoir dans la proposition de loi contre ce mode de production. Le texte – qui prévoit notamment la généralisation de l’éco-score actuellement mis en place de façon volontaire et des pénalités financières pour les marques aux nombreuses références à prix bas – est toutefois en panne au Parlement. Après son adoption à l’Assemblée puis au Sénat début 2024, les gouvernements successifs n’ont pas convoqué de commission mixte paritaire chargée d’élaborer un texte de compromis.
Et en cette période de soldes, qui favorise les achats compulsifs, Manon Richert conseille surtout de s’interroger sur ses besoins. « Ai-je vraiment besoin de ce vêtement ? », illustre-t-elle. « Si c’est le cas, je vais regarder d’abord les alternatives en seconde main et organiser un vide-dressing entre amis », conseille-t-elle. Et, si l’achat est incontournable, « ne pas relâcher sa vigilance ».